Les microclimats


Vous souhaitez avoir des plantes spécifiques, mais le climat de votre région ne vous le permet pas ? Pensez aux microclimats ! En effet, un microclimat est la somme des conditions particulières du milieu dans un endroit précis, celui-ci se trouvant affecté par des facteurs locaux plutôt que par des facteurs climatiques.

Qu’est ce qu’un microclimat ?

Ainsi, on parle de microclimat à l’échelle d’une petite zone : il peut s’agir du climat d’un jardin individuel par rapport au climat général de la région, ou du climat d’une zone spécifique du jardin. Alors comment créer un microclimat sur son terrain ?

Les différents microclimats dans un jardin peuvent être utilisés de deux manières :

  • Pour augmenter le nombre de variétés de plantes cultivées ;
  • Pour augmenter la production de l’ensemble du jardin.

Un microclimat est composé de plusieurs facteurs :

  • La lumière ;
  • Le vent ;
  • Le gel ;
  • Les murs chauds face au Sud ;
  • L’eau.

La lumière est le principal souci de la culture d’un jardin :

Créer des zones de lisière contribue à la productivité du jardin. Toute canopée fermée doit être constituée d’arbres au feuillage léger et un certain espace doit être réservé entre les couronnes des arbres. L’orientation de la lisière joue également un rôle. Une lisière plein Sud reçoit évidemment beaucoup de lumière, mais une exposition Sud-Ouest en reçoit pratiquement autant et peut-être relativement plus chaude puisque le soleil est plus fort l’après-midi que le matin. Une exposition Sud-Est est à éviter pour les végétaux sensibles au gel car un dégel brutal le matin sera plus dangereux pour une jeune pousse qu’un dégel progressif durant la journée. Une lisière face au Nord peut recevoir un peu de lumière directe du soleil le matin et le soir pendant le printemps et l’été, puisque le soleil se lève et reste au Nord de l’axe Est-Ouest au cours de cette période. Elle peut également recevoir une lumière indirecte à tout moment et reste nettement plus lumineuse que certaines zones sous la canopée.

Tenir compte de l’ombre et du vent :

Un facteur également important est l’ombre portée par les éventuels bâtiments et arbres alentours. Si aucun espace vraiment ensoleillé n’est disponible, il sera peut-être nécessaire de sélectionner des plantes d’ombre. Outre l’ombre portée par les éléments extérieurs au jardin, les plantes peuvent aussi subir l’influence de l’ombre de leurs voisines. Cet aspect est évident pour les plantes plus basses, mais s’applique également aux arbres : un arbre nécessitant beaucoup de soleil se plaira plus au Sud qu’au Nord d’un grand et vigoureux voisin.

Une protection contre le vent est importante pour la production de fruits, en particulier au moment de la floraison. Dans un site exposé au vent, un jardin aura peut-être besoin d’un brise-vent global. Dans les zones urbaines, on peut souvent s’attendre à des vents violents dans un passage entre deux bâtiments et à sa sortie. Dans ce cas, un petit brise-vent couvrant cet espace peut s’avérer très utile. Les brise-vents peuvent également produire des effets négatifs. Ils créent de l’ombre dans le jardin et les racines des arbres qui le constituent peuvent concurrencer les plantes du jardin.

Les gelées sont à ne pas négliger :

Au printemps, lorsque le risque de gel semble avoir disparu, les arbres et les arbrisseaux fleurissent. C’est là qu’ils deviennent sensibles à la moindre gelée.

L’air froid descend, il descend donc les collines et a tendance à s’accumuler dès qu’il trouve une cuvette sur sa route, comme l’eau derrière un barrage. On parle alors de « poches d’air froid ». Ces zones peuvent souffrir de gelées intenses alors que celles à proximité d’altitude légèrement plus élevée peuvent ne pas être touchées. Les poches d’air froid se forment là où la topographie du site ne permet pas à l’air froid de circuler, par exemple dans une cuvette ou une vallée étroite, ou lorsqu’un élément obstrue la pente, tel un mur ou une haie au feuillage persistant. Dans ce dernier cas, il suffit souvent d’ouvrir un passage et s’il s’agit d’une haie, on peut aussi simplement éclaircir les branches basses pour permettre à l’air froid de s’en aller. On peut également empêcher la formation de poches d’air froid en bloquant en amont l’air froid descendant. Une simple haie ou un mur en travers de la pente peut suffire s’ils sont suffisamment hauts et imperméables, même si ce type de barrière est la moins souhaitable comme brise-vent. L’association successive de plusieurs haies ou autres types de barrières sera encore plus efficace. Si aucune de ces solutions n’est envisageable, le problème du gel peut être évité en faisant pousser les arbres les plus grands au bas de la pente et en installant plus haut les arbres nains et les arbrisseaux.

Le réseau de brindilles des arbres et des arbrisseaux fonctionne un peu comme une couverture. Ainsi, une zone sous la canopée peut rester hors gel une nuit alors que la zone juste à côté aura été recouverte de gel.

Il arrive que la chaleur perdue par une maison mal isolée suffise à repousser les premiers gels d’automne et les derniers du printemps. Ainsi, les plantes très sensibles au gel installées le long du mur de maison restent vertes quelques semaines de plus en automne que leurs voisins.

Gérer la chaleur, le soleil, la lumière :

Installées contre un mur face au Sud, les plantes fragiles profiteront de la chaleur emmagasinée et de la réflexion assurée par le mur. Il n’est pas nécessaire que le mur soit parfaitement face au Sud. Les orientations entre Sud-Sud-Est et Ouest-Sud-Ouest conviennent tout à fait pour la majorité des fruitiers sensibles. Pour les plantes très sensibles, un angle au croisement de deux murs ou un renfoncement plein Sud est idéal.

Lorsque le soleil brille, le mur réchauffe la plante en réfléchissant la lumière sur elle. Il stocke la chaleur au cours de la journée et la restitue la nuit ou au cours des heures plus fraîches, produisant une température plus stable pour la plante.

La réflexion de la lumière est plus importante si le mur est de couleur claire mais le stockage de la chaleur est plus efficace si le mur est sombre. Vous pouvez donc choisir de le peindre en noir ou en blanc selon la fonction qui vous intéresse le plus. Si vous craignez les gels tardifs, le noir sera préférable, notamment si vous souhaitez vous épargner la peine de couvrir les arbres les nuits à risque au printemps. Dans la majorité des autres cas, le blanc est généralement préféré.

S’il s’agit du mur d’une maison, les plantes profiteront également des fuites de chaleur. Cependant, tous les types de murs sont capables de stocker la chaleur du fait de leur masse. Plus la masse du mur est importante plus il pourra emmagasiner de chaleur, mais il faudra plus de temps pour se chauffer.

Vous pouvez obtenir un effet similaire en jouant intelligemment avec les chemins, patios et allées. Eux aussi peuvent absorber de la chaleur et la restituer et réfléchir la lumière sur les arbres et les arbrisseaux. Cela est particulièrement vrai si les plantes sont au Nord de la zone pavée, car la lumière du soleil se réverbérera directement sur eux. Avec cette exposition, il peut être nécessaire de peindre le tronc de l’arbre en blanc afin d’éviter les coups de chaud.

Enfin, créer des microclimats frais permet de lutter contre l’évaporation massive de l’eau. Cela permet d’économiser l’eau, d’accueillir une biodiversité d’espèces et même de cultiver des champignons comestibles ou médicinaux. Plus le sol est exposé au soleil et au vent, plus il se dessèche.

 

Et si vous souhaitez jardiner, voici justement le calendrier lunaire des jours à venir (du 27 novembre au 1er décembre), accompagné d’un exemple de travaux à réaliser au jardin chaque jour : la Lune est descendante l’ensemble de ces jours, c’est donc la période favorable aux plantations.

Dimanche, la Lune est à son apogée, il ne faut donc pas jardiner.

Lundi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Air ». C’est le moment, par exemple, de tailler les clématites à floraison estivale.

Mardi et mercredi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Eau ». C’est le moment, par exemple, de diviser la menthe.

Jeudi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Feu ». C’est le moment, par exemple, de planter des arbres fruitiers.

Alors bon jardinage !

Sophie

PS : Et pour ceux qui veulent en savoir davantage sur la question de jardiner avec la Lune, un article y est justement consacré : Et si vous jardiniez avec la Lune ?

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