Les buttes de culture


Et si vous tentiez la culture sur butte ? Ce concept de butte permanente consiste à augmenter l’épaisseur de terre des zones à cultiver. La terre de la butte permet aux racines de se développer plus aisément et de trouver davantage de nutriments, ayant un plus grand volume de terre à disposition. De plus, la terre est mieux drainée et se réchauffe plus vite, bénéficiant aux semis.

Il est possible de cultiver sur butte, notamment dans les situations suivantes :

  • Sur un sol mince, médiocre, ou très compacté (notamment lorsque la terre ne dépasse pas les 15 ou 20 cm d’épaisseur) ;
  • Sur un sol trop humide (notamment en terre argileuse) ;
  • Sur un sol trop bas (par exemple, si l’on a des difficultés physiques à se pencher ou à s’agenouiller).

 

Voici quelques conseils pour réaliser une butte :

  • Dans la mesure du possible, prélever la terre à la surface des allées permettant de circuler autour de la butte. Par contre, il faut veiller à prélever uniquement la terre de surface (5 cm maximum d’épaisseur) car il ne faut pas mélanger les différents horizons du sol ;
  • Réaliser des allées entre les buttes d’une largeur de 70cm minimum, permettant de faire passer une brouette dans les allées ;
  • Ajouter du compost pour enrichir le sol ;
  • Si la terre utilisée pour la réalisation de la butte n’est pas assez drainante, rajouter du sable ;
  • Limiter la largeur de la butte à 1,20m maximum ;
  • Réaliser une butte la plus haute possible pour qu’elle soit la plus efficace possible. Attention cependant, une butte étroite et haute aura des pentes trop raides ;
  • Disposer des structures, telles que des planches, des rondins, des briques, ou encore des pierres sèches, sur les côtés de la butte pour en maintenir la terre ;
  • Réaliser les rebords de la butte en pente pour augmenter la surface cultivable de la butte et afin de bénéficier de plus de choix de plantes suivant les différentes orientations de la butte ;
  • Conserver la butte couverte, c’est-à-dire les espaces cultivés toujours plantés avec des racines vivantes et régulièrement paillés, pour permettre au sol de retrouver et de maintenir un équilibre ;
  • Et bien évidemment, ne pas marcher sur la butte.

 

Pour réaliser votre propre butte, soit vous pouvez expérimenter vous-même un type de butte, soit vous pouvez tenter de réaliser l’une des nombreuses buttes qui ont déjà été expérimentées, parmi lesquelles :

  • La mini-butte en carré, inspirée des réflexions de Mel Bartholomew : il s’agit de la technique du « potager en carrés » qui consiste à remplir de terre un cadre en planches de 1,20m de côté ;
  • La grande butte ergonomique de Richard Wallner : la hauteur de la butte est de 70 cm dans sa partie centrale et sa largeur est d’1,70m, tandis que la largeur des allées entre les buttes est de 50cm. Les solides rebords de la butte sont de 45cm de hauteur et permettent d’appuyer une planche entre deux buttes pour s’asseoir dessus. De chaque côté de la butte, à mi-pente, un long rondin à demi enterré sert de repose-pied pour atteindre le haut de la butte sans la tasser. Pour éviter l’assèchement dans un sol très drainant, des tuyaux d’irrigation parcourent la butte ;
  • La butte arrondie de la ferme du Bec Hellouin : le jardin mandala est réalisé avec des buttes concentriques ;
  • La butte sous tunnel de la ferme du Bouchot ;
  • La butte de culture autofertile (Hugelkultur) de Sepp Holzer, qui contient des troncs d’arbres ou des branchages. Cette matière va se décomposer sur plusieurs années, favorisant l’activité des champignons et de la faune du sol, ainsi que la libération de nutriments. La décomposition entraîne un dégagement de chaleur, tandis que le bois absorbe l’humidité et la restitue lentement, donc cette butte s’assèche moins rapidement ;
  • La butte sandwich de Robert Morez, dont le sol est d’abord creusé sur environ 35 cm à l’emplacement de la butte, puis qui est garnie en couches successives de matières ligneuses (brindilles, ronces, lianes, etc.), de terre, de feuilles, de compost et de paillage ;
  • La butte-lasagne de Patricia Lanza, n’est pas composée de terre, mais d’une succession de couches de divers matériaux pour la plupart organiques (cartons, foin, brindilles, copeaux de bois, tontes, épluchures de légumes, etc.) ;
  • Il est aussi possible de construire des buttes de culture sous de multiples formes : en banane ou fer à cheval afin de créer un microclimat, hexagonaux (pattern de nid d’abeilles), etc.

 

Mais attention, la permaculture ne se résume pas à la seule réalisation de buttes. Ces dernières ne sont qu’une des nombreuses structures, l’un des éléments, qu’il est possible d’installer pour réaliser un projet en permaculture, mais ce n’est pas obligatoire : tout dépend du contexte et du lieu.

 

 

Et si ces explications vous ont donné envie de jardiner, voici justement le calendrier lunaire des jours à venir (du 7 au 17 mars), accompagné d’un exemple de travaux à réaliser au jardin chaque jour :

la Lune est descendante l’ensemble de ces jours, c’est donc la période favorable aux plantations.

Mardi et mercredi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Air ». C’est le moment, par exemple, de tailler les rosiers remontants.

Jeudi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Eau ». C’est le moment, par exemple, de planter de la rhubarbe.

Vendredi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Feu ». C’est le moment, par exemple, de planter des fraisiers.

Samedi est le jour d’un nœud lunaire ascendant, il ne faut donc pas jardiner.

Dimanche, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Feu ». C’est le moment, par exemple, de repiquer les poivrons dans des godets.

De lundi à mercredi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Terre ». C’est le moment, par exemple, de planter des pommes de terre.

Jeudi et vendredi, la Lune passe devant les constellations liées à l’élément « Air ». C’est le moment, par exemple, de tailler les althéas.

 

Alors bon jardinage !

 

Sophie

 

PS : Et pour ceux qui veulent en savoir davantage sur la question de jardiner avec la Lune, un article y est justement consacré : Et si vous jardiniez avec la Lune ?

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